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Le blog de Francine: Le blog Paris et People

Jérôme SAVARY, dernier hommage (12/03/2013)

Publié le 28 Mars 2013 par Francine Spitz

Photo : ABACA/Guignebourg Denis.  Jérôme Savary, acteur, metteur en scène, directeur de Théâtre

Photo : ABACA/Guignebourg Denis. Jérôme Savary, acteur, metteur en scène, directeur de Théâtre

Jérôme SAVARY, dernier hommage (12/03/2013)

Mardi 12 mars, 7h30

J’ouvre mes volets; Meudon est sous la neige.

J’allume la radio et j’entends : Les bus ne roulent plus, restez chez vous; si vous partez, vous ne serez pas sûr de rentrer. C’était prévu : il neige. Mais bon, Meudon n’est pas loin de Paris et est bien desservie en transports avec deux lignes de train. Je pense qu’il y en a bien une qui marchera.

Je compte me rendre à la Grande Chapelle du Père Lachaise, pour un hommage à Jérôme Savary. Le rendez-vous est à 10h30. J’ai un ami photographe qui arrive de Nancy ce matin et qui veut également ne pas manquer cet hommage. Je décide de ne plus écouter les médias et je me prépare.

Jérôme SAVARY, dernier hommage (12/03/2013)

Je vais surtout mettre de bonnes chaussures pour marcher dans la neige, ma doudoune pour ne pas avoir froid, mon cache-nez et mes gants en laine. Je sais que je vais mettre le double de temps pour descendre à la gare alors il ne faut pas que je tarde pour partir.

Me voici dans la neige qui craque sous mes pieds. Tout est beau, tout est blanc, tout est calme, peu de voiture et pas de bus. Il est près de 9h30, je suis à la gare de Meudon-Val-Fleury pour essayer de prendre un RER pour Paris.

Quelques trains sont supprimés, mais il y a des RER pour Paris. Le mien est dans 3 minutes. Bien assise, au chaud, je regarde la Seine qui défile par la vitre, paysage que je connais par cœur mais je ne m’en lasse pas et je réfléchis si je descends aux Invalides où à St Michel où Gare d’Austerlitz, pour une correspondance métro. J’ai entendu que 2 lignes de métro ne fonctionnent plus. La ligne 2 et une autre mais je ne sais plus laquelle.

J’opte pour les Invalides. Dommage, mais pas question de faire le chemin dehors, il neige. Je prends le tapis roulant pour aller plus vite. Je vais bientôt arriver sur le quai et je vois beaucoup de gens qui remontent, je comprends qu’il y a un problème. Oui, le quai est noir de monde, je n’attends pas je rebrousse chemin et je vais essayer d’attraper un autre RER direction Gare d’Austerlitz, là où je descendrai. Chance j’ai un train tout de suite. Pas de problème pour prendre le métro.

J’aime ce trajet où le métro passe sur le pont au dessus de la Seine, et où l’on peut apercevoir après le quai de la Rapée, un court instant, les bateaux du Port de Plaisance de Paris Arsenal. Je vois par la vitre qu’il neige toujours abondamment. Encore un changement métro et me voici dehors, sortie Gambetta.

Je ne suis pas loin du cimetière du Père Lachaise. Je vois la grande porte de l’entrée à peine ouverte. En effet le cimetière est fermé cause d’intempérie, mais il est seulement ouvert pour la cérémonie d’hommage à Jérôme Savary. Je m’engage dans l’allée centrale, je suis en retard de près de 15 minutes sur l’heure prévue mais je ne suis pas là seule. J’arrive à rentrer dans le Grande Chapelle, là cérémonie est déjà commencée.

Jérôme SAVARY, dernier hommage (12/03/2013)

Je me fraie un chemin au milieu des gens pour être au plus près de l’évènement.

Sur le cercueil de couleur beige, une trompette est posée. Jérôme Savary était aussi musicien.

C'est son fils, Robinson, qui dirige la cérémonie. Il n'y aura pas de discours mais uniquement de la musique dit-il. Et il enchaine comme s'il jouait une pièce de théâtre : « il faut ouvrir la grande porte, le spectacle est à l'extérieur » et il nous demande nous de nous retourner et de regarder dehors. Et il ajoute : «Mon père à du talent, même à son enterrement il a su faire tomber la neige ».

Puis une bande son passe. Les musiciens du jazz-band jouent des morceaux choisis par Jérôme Savary lui-même et ses enfants : du jazz, de Duke Ellington à Louis Armstrong ( je reconnais). Puis un morceau que je ne connais pas : C’est « Blue Monk » de Thelonious Monk, me dit-on.

La voix de Jérôme Savary résonne dans la Grande Chapelle. Un enregistrement du metteur en scène est diffusé. Il parle de solitude avec humour. Beaucoup d'applaudissements à la fin se font entendre.

C'est en 1960 que Jérôme Savary avait fondé "Le Grand Magic Circus et ses animaux tristes".

Jérôme SAVARY, dernier hommage (12/03/2013)

Puis sa fille prend le micro, chante en claquant des doigts au rythme de la musique, "Saint-James infirmary" de Louis Amstrong. La fanfare retentit dans la Chapelle et nous invite à sortir pour continuer le spectacle dehors. Et c’est un concert sous la neige qui à été offert à Jérôme Savary avec tous les musiciens du jazz-band. Les gens chantent , dansent et font des photos.

Je me place aussi près des photographes pour faire quelques photos.

Jérôme SAVARY, dernier hommage (12/03/2013)
Jean-Michel Ribes (Directeur du Théâtre du Rond-Point)

Jean-Michel Ribes (Directeur du Théâtre du Rond-Point)

Philippe Caubère, comédien

Philippe Caubère, comédien

Jérôme SAVARY, dernier hommage (12/03/2013)

J'ai aimé le message qu'a passé Eric Laugérias (acteur, scénariste) lorsqu'il a été interviewé, et qui résume tout Jérôme.

" Il aimait profondément les artistes, ii aimait la musique, il aimait le théâtrre, il aimait la fête, il aimait les gens, il aimait la vie, il aimait les cigares, même un peu trop. Et cette cérémonie avec son désordre et sa folie ressemble vraiment à Jérôme. Il aurait adoré ce joyeux bordel, ce trop de bruit dans ce cimetière du Père Lachaise, Les gens qui aimaient Jérôme et qui ont voulu l'accompagné jusqu'au dernier moment ont fait trop de bruit. Voilà, c'est Jérôme, et ce côte anar, anar jusqu'au bout des cigares".

La troupe du "Grand Magic Circus" joue sous la neige. Beaucoup de bruit pour ce dernier hommage mais c'est ce qu'aurait aimé Jérôme. Que le spectacle continu.

La troupe du "Grand Magic Circus" joue sous la neige. Beaucoup de bruit pour ce dernier hommage mais c'est ce qu'aurait aimé Jérôme. Que le spectacle continu.

Sagamore Stevenin interviewé " encore un pote qui se barre, c'est particulier une cérémonie, on ne se sait jamais trop comment on va partir, en tout cas il y avait beaucoup d'amour c'est ça qui compte".

Sagamore Stevenin interviewé " encore un pote qui se barre, c'est particulier une cérémonie, on ne se sait jamais trop comment on va partir, en tout cas il y avait beaucoup d'amour c'est ça qui compte".

Robinson Savary, son fils

Robinson Savary, son fils

Maintenant il est temps que je quitte le cimetière, et tout en marchant vers la sortie, je passe devant la Stèle du Rio-Paris enneigée. Je m'y arrête un instant.

Je sors porte Gambetta et me dirige vers le métro.

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